Une nouvelle alerte sanitaire frappe l’est de la République démocratique du Congo. L’agence sanitaire de l’Union africaine, l’Africa CDC, a annoncé vendredi 15 mai l’apparition d’une nouvelle épidémie d’Ebola dans la province de l’Ituri, une région déjà fragilisée par des décennies de violences armées et de déplacements de populations.
Selon les premières données communiquées par les autorités sanitaires africaines, quatre décès confirmés en laboratoire ont déjà été enregistrés. Au total, 246 cas suspects ont été signalés, dont 65 décès potentiellement liés au virus. Les analyses menées à Kinshasa ont permis de confirmer la présence du virus Ebola dans 13 des 20 échantillons examinés.
Les autorités sanitaires craignent désormais une propagation plus large de la maladie dans cette zone frontalière où les mouvements de population sont fréquents. Des cas suspects ont également été détectés à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, en attente de confirmation officielle.
Une région habituée aux crises sanitairesL’est congolais connaît depuis plus de trente ans une instabilité chronique marquée par les conflits armés, les déplacements massifs de civils et un accès limité aux soins de santé.
Cette situation complique considérablement les efforts de surveillance et de riposte face à Ebola.
L’Africa CDC affirme suivre « de près » l’évolution de la situation et a convoqué une réunion d’urgence réunissant des représentants de la République démocratique du Congo, de Ouganda et du Soudan du Sud, ainsi que plusieurs partenaires internationaux. L’objectif est de renforcer la surveillance transfrontalière et d’éviter une propagation régionale du virus.
Ebola, un virus toujours redouté
Bien que des vaccins et certains traitements aient permis d’améliorer la prise en charge des patients ces dernières années, Ebola demeure l’une des maladies les plus meurtrières du continent africain. Depuis cinquante ans, le virus a causé environ 15 000 décès en Afrique.
La République démocratique du Congo reste particulièrement exposée à cette maladie. L’épidémie la plus grave du pays, entre 2018 et 2020, avait fait près de 2 300 morts sur environ 3 500 cas recensés.
L’épidémie actuelle est la 17e enregistrée dans le pays depuis la découverte du virus en 1976, à l’époque où la RDC portait encore le nom de Zaïre. La précédente flambée, déclarée en août 2025 dans le centre du pays, avait provoqué au moins 34 décès avant d’être officiellement déclarée éradiquée en décembre dernier.
Comment se transmet le virus ?
Le virus Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée. Les symptômes les plus fréquents incluent une forte fièvre, des vomissements, des diarrhées et parfois des saignements.
Les personnes contaminées ne deviennent contagieuses qu’après l’apparition des premiers symptômes. La période d’incubation peut varier de deux à vingt-et-un jours, ce qui complique la détection rapide des cas et la limitation de la propagation.
Face à cette nouvelle menace sanitaire, les autorités congolaises et les organisations internationales redoutent désormais une aggravation de la crise dans une région déjà profondément éprouvée par l’insécurité et la pauvreté.
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