Crise au détroit d’Ormuz : la Chine intensifie ses discussions avec l’Iran pour protéger ses intérêts pétroliers

Alors que les tensions persistent au Moyen-Orient autour du détroit d’Ormuz, la Chine multiplie discrètement les initiatives diplomatiques afin de préserver ses intérêts énergétiques et éviter une aggravation de la crise. Mercredi 6 mai, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rencontré à Pékin son homologue chinois Wang Yi, selon l’agence officielle chinoise.

Cette rencontre intervient dans un contexte particulièrement sensible. Pékin demeure le principal acheteur du pétrole iranien et dépend fortement des approvisionnements transitant par le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique reliant le Golfe persique au reste du monde. Avant le déclenchement du conflit actuel, plus de 80 % des exportations pétrolières iraniennes étaient destinées à la Chine, d’après les données de la société d’analyse Kpler.

Les autorités chinoises suivent donc avec inquiétude toute menace de perturbation dans cette zone névralgique du commerce mondial de l’énergie. Selon les estimations de Kpler, plus de la moitié du pétrole importé par voie maritime par la Chine provient du Moyen-Orient et transite en grande partie par le détroit d’Ormuz.

Face à cette situation, Washington tente également d’impliquer Pékin dans les efforts visant à limiter l’escalade. Mardi, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a appelé la Chine à exercer des pressions sur Téhéran afin de garantir la libre circulation maritime dans le détroit. « J’espère que les Chinois diront à Abbas Araghchi ce qu’il doit entendre, à savoir que ce qui se passe dans le détroit risque d’isoler davantage l’Iran sur le plan international », a déclaré le responsable américain devant la presse.

En coulisses, la diplomatie chinoise semble toutefois jouer une partition plus nuancée. Pékin s’est engagé discrètement mais activement dans les discussions visant à contenir la crise et à favoriser un apaisement entre les différentes parties. Plusieurs observateurs estiment d’ailleurs que la Chine a contribué à faciliter le fragile cessez-le-feu obtenu entre Washington et Téhéran.

Malgré sa proximité économique avec l’Iran, la Chine évite cependant d’afficher un soutien trop marqué à la République islamique. Les autorités chinoises ont jusqu’ici adopté un ton mesuré dans leurs critiques envers les États-Unis, cherchant à préserver leurs relations avec les monarchies du Golfe, devenues des partenaires économiques et stratégiques importants ces dernières années.

Entre sécurisation de ses approvisionnements énergétiques et équilibre diplomatique au Moyen-Orient, Pékin avance ainsi avec prudence dans une crise qui menace directement ses intérêts économiques.

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