Visas : la Guinée riposte aux restrictions de l’Union européenne par des mesures de réciprocité

CONAKRY – Les autorités guinéennes ont décidé de répondre aux récentes restrictions imposées par l’Union européenne en matière de visas. À l’issue d’une réunion tenue le vendredi 24 juillet entre le ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, et les ambassadeurs des États membres de l’UE, le gouvernement a annoncé une série de mesures fondées sur le principe de réciprocité.

Parmi les principales décisions figurent la suspension temporaire de la délivrance des visas à entrées multiples aux ressortissants de l’Union européenne, l’application de frais de traitement aux titulaires de passeports diplomatiques et de service, ainsi que l’allongement des délais d’instruction des demandes de visa.Cette réaction intervient après la décision prise le 10 juillet par le Conseil de l’Union européenne de durcir, à titre temporaire, les conditions d’octroi des visas aux citoyens guinéens. Bruxelles justifie cette mesure par une coopération jugée insuffisante de la Guinée dans le processus de réadmission de ses ressortissants en situation irrégulière sur le territoire européen.

Les nouvelles règles appliquées par l’Union européenne prévoient notamment un allongement du délai de traitement des demandes de visa, qui passe de 15 à 45 jours, ainsi que la suppression de plusieurs facilités administratives dont bénéficiaient jusqu’à présent les demandeurs guinéens.

Face à cette décision, Conakry affirme vouloir défendre le principe de réciprocité tout en évitant une rupture du dialogue avec ses partenaires européens. Les autorités guinéennes assurent qu’elles restent ouvertes à une coopération constructive avec l’Union européenne, dans le respect mutuel des engagements et des intérêts de chaque partie.

Cet épisode illustre les tensions persistantes entre la Guinée et l’Union européenne autour de la question migratoire, un dossier devenu central dans les relations entre les deux partenaires. Si les deux parties affichent leur volonté de maintenir le dialogue, les nouvelles mesures pourraient avoir des répercussions sur la mobilité des citoyens et sur les relations diplomatiques dans les prochains mois.

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