Iran : Washington tente de resserrer l’étau économique avec l’appui de ses alliés et de la Chine

Face à l’enlisement du conflit, les États-Unis intensifient leur pression sur Téhéran et cherchent à limiter les échanges économiques de l’Iran avec ses principaux partenaires.

CONAKRY — Les États-Unis durcissent le ton à l’égard de l’Iran. Après près de six mois de guerre et en l’absence de percée diplomatique, l’administration de Donald Trump entend désormais accentuer la pression économique sur Téhéran. Washington appelle ses partenaires, mais aussi la Chine, à couper ou à réduire leurs relations commerciales avec la République islamique.

Cette nouvelle offensive diplomatique s’inscrit dans une stratégie de pression maximale visant à fragiliser davantage l’économie iranienne. Les autorités américaines n’excluent pas de prendre des mesures sévères contre les pays qui continueraient à commercer avec Téhéran.

Washington veut tester le rapport de force avec Pékin

La position de la Chine sera particulièrement scrutée. Pékin figure parmi les principaux partenaires économiques de l’Iran et son éventuelle adhésion aux demandes américaines constituerait un signal fort dans le bras de fer qui oppose les deux grandes puissances.

Donald Trump mise notamment sur sa relation avec le président chinois Xi Jinping, qu’il doit recevoir le 24 septembre aux États-Unis. Reste à savoir si cette proximité revendiquée suffira à convaincre Pékin de se joindre à la campagne de pression économique contre Téhéran.

La question dépasse donc largement le dossier iranien. La capacité de Washington à rallier la Chine à sa stratégie permettra aussi de mesurer l’influence respective des deux puissances sur la scène internationale.

Plusieurs partenaires de l’Iran sous pression

La Chine n’est pas le seul pays concerné. Les Émirats arabes unis, qui entretiennent d’importants échanges avec l’Iran, ont annoncé mardi la suspension, jusqu’à nouvel ordre, de l’ensemble des échanges commerciaux et des transactions financières avec Téhéran.

La Turquie et la Russie, elles aussi, disposent de relations économiques significatives avec la République islamique. Leur position sera donc déterminante pour mesurer l’efficacité de la nouvelle stratégie américaine.

Washington devra également convaincre ses propres alliés. Plusieurs d’entre eux sont restés à l’écart des opérations militaires menées dans le cadre du conflit, une attitude qui aurait alimenté le mécontentement du président américain.

Une économie iranienne déjà sous forte pression

Pour Téhéran, la situation économique devient de plus en plus difficile. Déjà affaiblie par plusieurs décennies de sanctions internationales, l’économie iranienne subit désormais les conséquences directes de la guerre et du durcissement des mesures américaines.

Mais le conflit ne reste pas sans conséquences pour les États-Unis. L’économie américaine subit également des tensions, notamment avec une inflation persistante et une hausse des coûts d’emprunt pour le Trésor. Face aux turbulences sur le marché de la dette, les autorités américaines ont dû intervenir.

La stratégie de Washington comporte donc aussi des risques pour son propre camp. En cherchant à étrangler économiquement l’Iran, les États-Unis doivent éviter que les effets du conflit ne viennent accentuer leurs propres difficultés financières.

Pour l’heure, l’objectif américain est clair : resserrer l’étau autour de Téhéran et convaincre ses partenaires de faire bloc. Mais la réaction de la Chine, de la Russie, de la Turquie et des alliés européens pourrait déterminer l’efficacité réelle de cette nouvelle phase de confrontation économique.

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