DAKAR – La chambre criminelle de Dakar a examiné, mardi 28 juillet 2026, le dossier de Thierno Hamidou Raby Dème, poursuivi pour l’assassinat de sa jeune sœur, Fatoumata Ba. Trois ans après les faits, l’accusé, marié et père de famille, risque la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir mortellement frappé la victime alors qu’elle dormait.

Le drame remonte au 18 juillet 2023. Ce jour-là, Fatoumata Ba a été surprise dans son sommeil avant d’être violemment frappée à la tête avec un gourdin par son propre frère. Selon les éléments du dossier, la victime n’a eu aucune possibilité de se défendre face à cette attaque.
À la barre, Thierno Hamidou Raby Dème a reconnu les faits, tout en affirmant qu’il n’avait pas l’intention de tuer sa sœur. Il a expliqué avoir agi sous le coup de la colère, évoquant un différend familial survenu la veille des faits.
« Je ne pouvais pas lui pardonner. Jusqu’au soir de la première bagarre, je bouillonnais de colère. Il fallait que je la frappe pour me calmer. Je l’ai trouvée en train de dormir avant de lui donner des coups de bâton sur la tête. Mais je n’avais pas l’intention de la tuer », a-t-il déclaré devant la cour. Interrogé par la présidente sur la portée de son geste, il a finalement reconnu que son acte n’en valait pas la peine.
La mère de l’accusé et de la victime, Maïmouna Ba, a livré un témoignage particulièrement poignant. Déjà entendue au cours de l’enquête, elle avait expliqué qu’au moment des faits, elle se trouvait dans son champ lorsqu’une de ses petites-filles est venue lui annoncer le drame.
Devant la cour, elle a qualifié cette affaire de « problème familial » et a choisi de ne réclamer aucun dédommagement à son fils, malgré la perte tragique de sa fille. Une décision qui illustre le déchirement d’une mère confrontée à la fois à la mort de l’une de ses enfants et à l’incarcération de l’autre.
Dans son réquisitoire, le ministère public a estimé que les éléments constitutifs de l’assassinat étaient réunis. Le procureur a notamment souligné que la victime était sans défense au moment de l’attaque et que l’accusé avait eu le temps de réfléchir à son acte avant de passer à l’action.
Le parquet a également relevé l’absence de remords manifestes chez l’accusé au cours de la procédure, estimant que cette attitude renforçait la gravité des faits. En conséquence, il a requis la réclusion criminelle à perpétuité.
De son côté, la défense a plaidé la clémence. L’avocat de Thierno Hamidou Raby Dème, Me Ndiaga Dabo, a soutenu qu’il s’agissait d’un drame familial plutôt que d’un acte prémédité. Il a également rappelé que son client souffre d’un handicap depuis l’âge de sept ans, une hémiplégie visible lors de sa comparution devant la juridiction.
À l’issue des débats, la chambre criminelle a mis son jugement en délibéré. La décision est attendue le 6 octobre 2026, date à laquelle le sort judiciaire de Thierno Hamidou Raby Dème sera définitivement fixé.
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