Entre ambitions africaines et obstacles politiques, la candidature de l’ex-président sénégalais suscite interrogations et calculs diplomatiques.
La course à la succession de António Guterres à la tête de l’Organisation des Nations unies est désormais lancée. Pour l’heure, trois personnalités se positionnent pour briguer le poste de Secrétaire général. Parmi elles figure l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, aux côtés du directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Tous deux représentent l’Amérique latine. Le troisième prétendant vient du continent africain : l’ex-président sénégalais Macky Sall.
La candidature de ce dernier a été officiellement transmise en début de semaine par Évariste Ndayishimiye, président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine. Une initiative qui traduit la volonté de l’organisation panafricaine de porter un candidat du continent à la tête de l’ONU.
Une compétition ouverte et des équilibres géopolitiques délicats
La question reste toutefois entière : quelles sont les chances de Macky Sall face à ses concurrents ? La bataille diplomatique s’annonce serrée. L’Amérique latine, qui aligne deux candidats, estime en effet que le moment est venu pour la région d’accéder au Secrétariat général de l’ONU.
À cela s’ajoute une autre dynamique : l’appel croissant à voir une femme diriger l’organisation onusienne pour la première fois de son histoire. Dans ce contexte, la candidature de Michelle Bachelet apparaît pour certains comme un compromis idéal. Mais le jeu reste loin d’être tranché, d’autant que certaines grandes puissances, notamment États-Unis, seraient réticentes à soutenir une candidature féminine à ce poste stratégique.
Dans ces conditions, aucun des prétendants ne semble disposer d’une avance décisive, laissant la porte ouverte à toutes les hypothèses.
Un soutien africain, mais des réserves au Sénégal
Pour l’ancien président du Sénégal, la route vers le siège new-yorkais s’annonce toutefois semée d’embûches. S’il peut compter sur l’appui de l’Union africaine, il ne bénéficie pas du soutien officiel de son propre pays.
Cette absence d’adhésion de Dakar s’explique notamment par les controverses qui ont marqué la fin de son mandat. Les violentes manifestations ayant secoué le Sénégal avant l’alternance politique ont fait plusieurs victimes, laissant une empreinte durable dans l’opinion publique. À cela s’ajoutent les polémiques autour de la gestion de la dette publique, dont certains éléments auraient été dissimulés jusqu’à ce que des experts de la Banque mondiale mettent au jour la situation.
L’actuel pouvoir sénégalais, incarné par le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, se retrouve ainsi dans une position délicate. Soutenir la candidature de leur prédécesseur reviendrait, pour certains observateurs, à lui offrir une tribune internationale et à l’éloigner d’éventuelles poursuites judiciaires.
Un enjeu symbolique pour le continent africainMalgré ces obstacles, l’élection d’un Africain à la tête de l’ONU constituerait un événement majeur pour le continent. Si Macky Sall parvenait à s’imposer, il deviendrait le troisième Africain à occuper ce poste prestigieux après Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan.
Une telle issue contribuerait sans doute à renforcer la visibilité diplomatique de l’Afrique sur la scène internationale. Mais entre jeux d’influence, équilibres géopolitiques et considérations politiques internes, l’issue de cette succession demeure pour l’heure incertaine. Les prochains mois seront décisifs pour savoir si la candidature de l’ancien président sénégalais peut réellement créer la surprise.
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