Guinée : une équipe resserrée pour plus d’efficacité et de cohérence gouvernementale

CONAKRY – Le président de la Transition, le général Mamadi Doumbouya, a dévoilé une nouvelle architecture gouvernementale appelée à être dirigée par le Premier ministre Amadou Oury Bah. Cette réorganisation marque un tournant dans la conduite de l’action publique, avec une réduction du nombre de portefeuilles, des regroupements stratégiques de ministères et une redéfinition des compétences de plusieurs départements.

Selon le décret présidentiel, le gouvernement compte désormais 29 portefeuilles, y compris deux Secrétariats généraux ayant rang de ministre. Une baisse significative comparée à la précédente configuration arrêtée en juin 2025, qui totalisait 34 portefeuilles ministériels. Cette réforme vise, selon les autorités, à renforcer la cohérence de l’action gouvernementale et à rationaliser les dépenses publiques.

Regroupements et élargissement de compétences

La nouvelle équipe gouvernementale se caractérise par de vastes regroupements de départements. Le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget est désormais fusionné en un seul portefeuille, mettant fin à une organisation jusque-là plus fragmentée.

Dans le secteur des ressources stratégiques, les domaines de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures sont réunis au sein d’un même département, traduisant une volonté d’harmoniser les politiques liées à l’eau, à l’énergie et à l’environnement.

Autre changement notable, le ministère de l’Information et de la Communication devient le ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, intégrant ainsi les enjeux du numérique et de la modernisation technologique.

La Culture, le Tourisme et l’Artisanat, séparés lors de la réforme de juin 2025, sont de nouveau réunis dans un seul portefeuille, tout comme l’Éducation nationale, désormais élargie à l’Alphabétisation, l’Enseignement technique et la Formation professionnelle.

Disparition et absorption de ministères autonomes

La nouvelle configuration acte également la disparition de certains ministères sous leur forme autonome. Les compétences liées au Budget, à la Formation professionnelle ou encore à l’Innovation sont absorbées par des départements élargis.

Le ministère du Plan et de la Coopération internationale change d’appellation avec l’ajout du Développement, soulignant l’orientation stratégique donnée à ce département.

De nouveaux portefeuilles émergent également.

Le ministère de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique fait son apparition, tandis que la fusion de l’Éducation nationale avec l’Enseignement technique et professionnel donne naissance au ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale.

Le ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique disparaît, ses attributions étant intégrées au nouveau département de la Communication et de l’Économie numérique. De même, le ministère du Commerce fusionne avec celui de l’Industrie, les PME ne figurant plus dans l’intitulé.

Sur le plan social, l’ancien ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables devient le ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités. Quant au ministère des Infrastructures et des Travaux publics, il est rebaptisé simplement ministère des Infrastructures. Enfin, la Jeunesse et les Sports retrouvent leur unicité après leur séparation intervenue en juin dernier.

Stabilité des ministères régaliens

Malgré ces nombreux changements, les ministères dits régaliens demeurent inchangés, tant dans leur dénomination que dans leur périmètre. Il s’agit notamment du :

Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme ;

Ministère de la Défense nationale ;

Ministère de la Sécurité et de la Protection civile ;

Ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation ;

Ministère des Affaires étrangères.

Avec cette nouvelle architecture, les autorités de la Transition affichent leur ambition de bâtir un gouvernement plus resserré, plus lisible et mieux adapté aux priorités économiques et sociales du pays, dans un contexte marqué par de fortes attentes des populations.

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