Guinée : un militant de l’opposition contraint à l’exil après une série de menaces

Conakry, avril 2026 — Un nouveau témoignage vient illustrer les tensions persistantes autour de l’engagement politique en Guinée. Laye Mamadi Kanté, militant de l’opposition, affirme avoir quitté le pays précipitamment après avoir été la cible d’agressions et de menaces qu’il juge directement liées à ses opinions.

Engagé depuis 2009 au sein de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), il raconte un parcours marqué par des violences répétées. Selon ses déclarations, son militantisme lui aurait valu plusieurs attaques physiques au fil des années. L’épisode le plus marquant remonte à 2024, lorsqu’il affirme avoir été agressé à son domicile par des individus non identifiés.

« Ils m’ont poignardé à la cuisse droite. J’ai passé des mois à l’hôpital », témoigne-t-il, évoquant une période de convalescence difficile.

Mais au-delà de cette agression, c’est une succession d’événements survenus en 2025 qui aurait précipité sa décision de fuir. Après un échange avec un journaliste proche, Mamoudou Babila Keita, connu pour ses enquêtes à Radio Space FM, la situation aurait basculé. L’arrestation du père du journaliste par des inconnus aurait, selon lui, marqué un tournant.

Peu après, Laye Mamadi Kanté affirme avoir été activement recherché. « Des hommes cagoulés sont venus chez moi pour m’arrêter. J’ai compris que je n’étais plus en sécurité », explique-t-il.

Dans un contexte qu’il décrit comme marqué par des disparitions inquiétantes et des arrestations arbitraires, il dit avoir choisi de quitter la Guinée le 4 avril 2026 pour préserver sa vie. « Rester, c’était prendre le risque de disparaître à mon tour », affirme-t-il.

Ce récit s’inscrit dans une série de témoignages similaires rapportés ces derniers mois, alimentant les préoccupations d’observateurs sur la situation des libertés publiques dans le pays. Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été enregistrée concernant ces allégations.

Alors que la Guinée traverse une période politique sensible, cette affaire remet en lumière les défis liés à la protection des militants et à la liberté d’expression.

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