Guinée : la Présidence met la pression sur plus de 60 sociétés pour le paiement des dividendes

CONAKRY, 18 mars 2026 – Le ton se durcit au sommet de l’État. La Présidence de la République a adressé, ce mercredi, une mise en demeure à plus de soixante sociétés opérant en Guinée, qu’elles soient publiques, privées ou à capitaux mixtes.

En ligne de mire : le paiement des dividendes dus au titre de l’exercice budgétaire 2025. Les entreprises concernées disposent d’un délai ferme fixé au 30 juin 2026 pour se conformer à cette exigence.

Dans un communiqué officiel, les autorités préviennent que des sanctions sévères seront appliquées en cas de non-respect de cette échéance. Pour les sociétés privées, tout retard pourrait entraîner le retrait pur et simple du permis d’exploitation. Du côté des entreprises publiques, les dirigeants sont directement visés : les directeurs généraux s’exposent à un limogeage immédiat, accompagné de poursuites judiciaires.

Pour s’assurer de l’application rigoureuse de cette directive, une task-force interministérielle a été mise en place. Celle-ci regroupe notamment le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, le ministère des Mines et de la Géologie, ainsi que la Société Guinéenne du Patrimoine Minier (SOGUIPAMI).

Leur mission : suivre de près le règlement effectif des dividendes et engager, si nécessaire, des actions coercitives.

Parmi les sociétés concernées figurent de grands acteurs du secteur minier, tels que la Société aurifère de Guinée (SAG), la Société minière de Boké (SMB), Kouroussa Gold Mines ou encore Alliance Mining Commodities. Les entreprises publiques ne sont pas en reste, avec des entités stratégiques comme EDG, la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), ou encore la Société guinéenne de palmiers à huile et d’hévéa (SOGUIPAH).

Les sociétés à participation mixte, dont la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) et VIVO, sont également concernées, tout comme plusieurs structures où l’État détient des parts minoritaires, à l’image de Lafarge Holcim Guinée, AFRICAIR ou encore la Société de gestion de l’aéroport de Conakry (SOGEAG).

Cette décision traduit la volonté des autorités de renforcer la mobilisation des ressources internes, dans un contexte où la contribution des entreprises au budget national est jugée insuffisante. Elle s’inscrit également dans une dynamique plus large de gouvernance économique, visant à améliorer la transparence et la redevabilité dans la gestion des revenus générés par les sociétés opérant sur le territoire national.

Reste à savoir si cette mise en demeure produira les effets escomptés d’ici l’échéance fixée, ou si elle marquera le début d’un bras de fer entre l’État et certains opérateurs économiques.

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