CONAKRY — La réorganisation annoncée n’aura pas tardé : dans un décret publié mercredi 3 décembre 2025, le président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya, a bouleversé la configuration de l’administration territoriale guinéenne. Gouvernorats, préfectures et cabinets régionaux ont été largement renouvelés, avec une série de nominations qui redessinent profondément le paysage administratif du pays. Ce vaste remaniement, qualifié d’« opération de redéploiement stratégique » par une source proche de la Présidence, intervient dans un contexte où l’exécutif dit vouloir renforcer la discipline, l’efficacité et la présence de l’État dans les zones sensibles, aussi bien urbaines que rurales.
Conakry : une femme à la tête de la capitale La Générale Mahawa Sylla devient la nouvelle gouverneure de Conakry, une nomination hautement symbolique dans une capitale où les enjeux sécuritaires et politiques demeurent cruciaux. Elle sera épaulée par Mohamed Sidi Sacko, directeur de cabinet, et Kadiatou Amara Sylla, cheffe de cabinet.
Nzérékoré : la région forestière entièrement réorganisée
Dans le Sud, le Colonel Moussa Condé prend la tête de la région administrative de Nzérékoré.
Tous les postes préfectoraux ont été renouvelés : de Nzérékoré à Gueckédou, en passant par Macenta, Beyla, Lola, Yomou, la région forestière voit l’arrivée d’une nouvelle génération de commandants et officiers.
Kankan : un bastion stratégique sécurisé
Le Colonel Ali Badara Camara devient gouverneur de Kankan, région considérée comme un pôle économique et minier majeur. Les préfets de Siguiri, Mandiana, Kouroussa, Kérouané et Kankan ont tous été remplacés, dans ce qui semble être une volonté de mieux encadrer les zones aurifères souvent marquées par des tensions locales.
Faranah, Kindia, Boké : des profils sécuritaires renforcés
De Faranah à Kindia, en passant par Boké, région minière par excellence, les nouveaux gouverneurs et préfets sont principalement issus des rangs de l’armée ou de la police. À Boké, le Général Aboubacar Diakité prend les commandes, tandis qu’à Kindia, un contrôleur général de police, Mamadou Camara, est désormais aux commandes. Ce choix de profils renforce l’idée que le pouvoir mise sur des responsables aguerris, capables de maintenir l’ordre dans un contexte de forte pression économique et sociale.
Labé et Mamou : renouvellement complet dans le Fouta
Dans les régions du Fouta, la recomposition est également profonde. À Labé, le Général Boundouka Condé prendra la relève, accompagné d’une équipe administrative entièrement renouvelée. À Mamou, le Colonel Robert Soumah hérite d’une région au fort dynamisme commercial, appuyé par de nouveaux cadres nommés à Pita et Dalaba.
Un message politique fort
Si la Transition ne s’est pas exprimée officiellement sur les motivations de cette vague de nominations, plusieurs observateurs y voient une volonté d’assainir l’administration locale, de renforcer le contrôle de l’État et de placer des responsables jugés « fiables » aux points névralgiques du territoire.
Un diplomate basé à Conakry résume : « Le Général Doumbouya veut des hommes et des femmes qui répondent rapidement, qui obéissent et qui sont proches du terrain. Ce remaniement est un message très clair. » Reste à savoir si ce renouvellement massif apportera la stabilité et l’efficacité escomptées dans un pays encore marqué par les défis économiques et politiques.
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