Guinée-Bissau : l’UA et la CEDEAO appellent à des mesures urgentes pour restaurer l’ordre constitutionnel

La situation politique en Guinée-Bissau vient de basculer dans une nouvelle zone de turbulence. Ce vendredi soir, alors que le pays attendait encore la proclamation officielle des résultats de la présidentielle, les Chefs des Missions d’Observation Électorale de l’Union Africaine (UA) et de la CEDEAO ont dénoncé ce qu’ils qualifient de “prise de pouvoir militaire illégale”.

Selon Filipe Jacinto (UA) et Issifu Baba Braimah Kamara (CEDEAO), le moment choisi par les forces armées pour agir constitue une “tentative flagrante de perturber le processus démocratique”.

Les observateurs affirment avoir rencontré plus tôt dans la journée les deux principaux candidats, lesquels leur avaient assuré de leur volonté de respecter le verdict des urnes. « Nous sommes profondément préoccupés par l’annonce d’un coup d’État par les forces armées, alors que la Nation attendait la proclamation des résultats des élections », ont-ils déclaré. « Il est regrettable que cette annonce intervienne à un moment où les deux candidats venaient de réitérer leur engagement envers la volonté populaire. »

Ce nouveau coup de force plonge encore une fois le pays lusophone dans l’incertitude. La Guinée-Bissau, déjà marquée par une succession de crises institutionnelles, semble renouer avec un cycle d’instabilité politique dont elle peine à sortir.Les observateurs ne se sont pas limités à un simple constat. Ils appellent désormais l’Union Africaine et la CEDEAO à prendre des mesures “immédiates” pour rétablir l’ordre constitutionnel, dénonçant également les arrestations de hautes personnalités, dont le Président, son Chef d’état-major et le Ministre de l’Intérieur. « Nous déplorons cette tentative flagrante de perturber les acquis démocratiques », ont-ils insisté. « Nous exhortons les forces armées à libérer immédiatement les personnes détenues afin de permettre au processus électoral de suivre son cours normal jusqu’à son terme. »

Alors que les organisations régionales affûtent leur réponse diplomatique, c’est tout l’avenir politique de la Guinée-Bissau qui se retrouve suspendu aux décisions des prochaines heures. Le pays, une fois encore, semble pris au piège de ses fragilités institutionnelles.

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