La Guinée-Bissau s’est réveillée sous un nouveau régime militaire. Au lendemain du coup d’État survenu mercredi 26 novembre, les putschistes ont rompu le silence en affirmant avoir agi pour « empêcher un vaste plan de déstabilisation orchestré par des réseaux criminels internationaux ». Une déclaration qui intervient alors que le pays attendait toujours la proclamation officielle des résultats de la présidentielle du 23 novembre, un scrutin déjà marqué par des tensions et des accusations de manipulations.

Selon les officiers désormais à la tête du pays, la situation sécuritaire aurait atteint un niveau « critique », justifiant ce qu’ils qualifient d’« intervention nécessaire pour sauver la nation ». Ils assurent que des renseignements « fiables » pointaient vers une tentative coordonnée visant à plonger la Guinée-Bissau dans le chaos au moment le plus sensible du processus électoral.
Dans une allocution diffusée à la télévision nationale, le chef autoproclamé de la junte a annoncé six mesures d’urgence destinées, selon lui, à « restaurer l’ordre, stabiliser les institutions et reprendre le contrôle total du territoire ».

Parmi les décisions rendues publiques : La suspension de la Constitution et de toutes les institutions civiles, la dissolution du gouvernement en place, la fermeture temporaire des frontières terrestres, maritimes et aériennes, l’instauration d’un couvre-feu strict applicable sur l’ensemble du pays, la mise sous contrôle militaire des services de sécurité et des médias publics, l’ouverture d’enquêtes contre plusieurs personnalités politiques soupçonnées, selon la junte, de liens avec des groupes criminels. Ces mesures, appliquées avec effet immédiat, bouleversent entièrement l’ordre institutionnel de ce petit pays ouest-africain, déjà marqué par une longue histoire de putschs et d’instabilité politique.
Du côté de la population, c’est la stupeur.
Dans certains quartiers de Bissau, les rues restent désertes et la présence militaire s’est fortement renforcée. Les habitants, encore sous le choc, redoutent une dégradation rapide de la situation. « On ne sait pas ce qui va se passer. Chaque coup d’État nous replonge dans l’incertitude », confie un commerçant joint par téléphone. La communauté internationale, elle, suit de près l’évolution des événements. L’Union africaine et la CEDEAO ont déjà exprimé leur inquiétude et exigé le retour à l’ordre constitutionnel. Des consultations sont en cours pour décider d’éventuelles sanctions et d’une réponse coordonnée. Alors que les militaires promettent une « transition limitée dans le temps », aucune feuille de route claire n’a encore été présentée. Le pays reste suspendu aux annonces de la junte, dans un climat de tension extrême et de craintes quant à l’avenir démocratique de la Guinée-Bissau.
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