La Chambre des représentants américaine a rejeté, jeudi 5 mars, une résolution visant à restreindre les pouvoirs militaires du président Donald Trump dans le cadre des tensions avec l’Iran. Le texte, qui aurait obligé le chef de l’exécutif à obtenir l’autorisation du Congrès avant de poursuivre des opérations militaires contre Téhéran, a été rejeté par 219 voix contre 212, suivant des lignes partisanes.

Cette décision intervient au lendemain d’un vote similaire au Sénat des États-Unis, qui avait déjà refusé d’adopter une initiative comparable. La résolution avait été portée par le républicain Thomas Massie et le démocrate Ro Khanna, tous deux favorables à un renforcement du rôle du Congrès dans les décisions militaires.

Un débat sur l’équilibre des pouvoirs
Pour de nombreux parlementaires démocrates, ce texte visait à réaffirmer l’autorité du Congrès des États-Unis, seule institution habilitée par la Constitution américaine à déclarer la guerre. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison‑Blanche en janvier 2025, plusieurs élus estiment que le pouvoir exécutif a pris davantage d’ascendant sur le pouvoir législatif.
Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, n’a pas manqué de critiquer la position des républicains. Selon lui, ces derniers ont manqué une occasion de s’opposer à une éventuelle escalade militaire. « Les républicains ont eu l’occasion de faire quelque chose qui aurait été extrêmement populaire : dire non à la guerre de Trump », a-t-il déclaré lors d’un discours devant la Chambre.
Les républicains dénoncent une mesure “dangereuse”Du côté républicain, la résolution a été largement rejetée. Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a qualifié la proposition d’« idée terrible et dangereuse », estimant qu’elle risquerait d’affaiblir la position des États-Unis face à leurs adversaires et de « donner du pouvoir à nos ennemis ».
Le texte demandait notamment au président de retirer les forces américaines engagées dans des « hostilités non autorisées » contre l’Iran, à moins qu’une autorisation formelle du Congrès ne soit accordée.
Pour son initiateur, Thomas Massie, l’objectif était pourtant clair : rappeler que la Constitution confie exclusivement au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre. « Le Congrès doit à nos militaires une mission clairement définie, afin qu’ils puissent rentrer chez eux une fois celle-ci accomplie », avait-il plaidé.
Un texte voué à l’échec
Même si la résolution avait été adoptée par les deux chambres, elle aurait probablement été bloquée par un veto présidentiel. Pour être surmonté, un tel veto aurait nécessité un vote favorable des deux tiers des élus au Sénat et à la Chambre, un seuil difficile à atteindre dans le contexte politique actuel.
Ce nouveau revers illustre les profondes divisions politiques à Washington autour de la gestion des tensions avec l’Iran et du rôle que doit jouer le Congrès dans les décisions militaires américaines.
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