Digitalisation financière : la Guinée s’ouvre à Visa pour accélérer sa transformation économique

Conakry, 9 avril 2026 — La Guinée franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de modernisation économique. La ministre de l’Économie et des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a reçu en audience une délégation du géant mondial des paiements Visa, dans une démarche visant à renforcer la digitalisation du système financier national.

Conduite par le vice-président de Visa pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, la délégation est venue explorer les opportunités de collaboration avec les autorités guinéennes. Leader mondial des paiements électroniques, Visa revendique un réseau impressionnant de 15 500 institutions financières partenaires, plus de 5 milliards de cartes bancaires et près de 10 milliards de tokens en circulation à l’échelle mondiale.

Déjà présent dans plusieurs pays africains comme le Sénégal, le Bénin ou encore le Gabon, le groupe souhaite désormais intégrer pleinement la Guinée dans sa dynamique de transformation digitale. À cet effet, des rencontres sont prévues avec les principaux acteurs du secteur financier, notamment la Banque Centrale de la République de Guinée, la Guinéenne de la Monétique et les banques commerciales, afin d’identifier des solutions adaptées aux réalités locales.

Face à cette initiative, la ministre s’est montrée favorable, estimant qu’elle intervient à un moment clé pour l’économie nationale. Elle a rappelé que la Guinée reste encore fortement dépendante des transactions en espèces, avec un secteur informel dominant. Pour elle, le numérique constitue un levier essentiel pour favoriser l’inclusion financière et accompagner la transition vers une économie formelle.

Trois priorités ont été mises en avant par la ministre : le développement de technologies accessibles à tous, l’interopérabilité des systèmes financiers et l’optimisation du switch national afin de réduire les coûts et stimuler l’innovation. Elle a également insisté sur la nécessité d’accélérer la digitalisation des paiements publics, notamment au niveau du Trésor, pour renforcer la transparence budgétaire et élargir la base fiscale, en cohérence avec les ambitions du programme Simandou 2040.

De son côté, le conseiller principal Thierno Amadou Bah a souligné les défis persistants, notamment l’insuffisance des infrastructures en zones rurales et le coût élevé des services financiers comparé à d’autres pays de la sous-région. Il a plaidé pour une tarification plus accessible afin de permettre une adoption massive des solutions numériques par les populations, en particulier celles du secteur informel.

Pour Magloire Hiol, directeur des solutions gouvernementales chez Visa, l’optimisation du switch domestique constitue un levier majeur. Selon lui, elle permettrait non seulement de réduire significativement les coûts, mais aussi de favoriser l’émergence de solutions entièrement digitalisées, capables de s’affranchir progressivement des cartes physiques traditionnelles.

Dans cette dynamique, la ministre a exprimé un intérêt marqué pour la digitalisation des recettes et paiements de l’État en partenariat avec les banques locales. Elle a également évoqué le protocole d’accord existant entre Visa et la BCRG, tout en proposant la mise en place d’une task-team conjointe MEFB–Visa–BCRG pour accélérer la mise en œuvre des réformes.

À travers cette initiative, le ministère de l’Économie et des Finances réaffirme son engagement à bâtir une économie guinéenne moderne, inclusive et résolument tournée vers le numérique.

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