Conakry : un directeur d’école interpellé après l’expulsion d’un élève, des violences éclatent à Ratoma

Un incident survenu au sein du groupe scolaire Jean Paul Soumah, à Taouyah, dans la commune de Ratoma, a provoqué une vive tension ce mardi 24 mars 2026.

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À l’origine : l’interpellation du directeur de cet établissement privé, accusé d’avoir expulsé un élève jugé « mal coiffé », qui se trouve être le fils d’un membre de la garde présidentielle.

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Selon des témoignages recueillis sur place, la direction de l’école avait, la veille, rappelé aux élèves l’obligation de respecter le règlement intérieur, notamment en matière de coiffure. Ce mardi matin, un contrôle a été effectué à l’entrée de l’établissement, entraînant l’expulsion de plusieurs élèves ne répondant pas aux critères exigés. Parmi eux, le fils d’un militaire, dont le parent se serait rendu immédiatement sur les lieux avant de faire interpeller le directeur par les forces de l’ordre, directement dans l’enceinte de l’école.

L’arrestation du responsable administratif a rapidement suscité l’indignation des élèves. D’abord rassemblés dans la cour, ils ont ensuite investi la rue pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une injustice et exiger la libération de leur directeur. La situation a dégénéré lorsque les manifestants ont brièvement bloqué la circulation sur la corniche longeant l’établissement, avant de s’en prendre à une autre école privée de la zone.

Des dégâts matériels ont été enregistrés, notamment des vitres de véhicule brisées, et au moins une personne a été blessée lors de ces échauffourées. Il a fallu l’intervention conjointe des autorités éducatives locales, des responsables communautaires et des forces de sécurité pour rétablir l’ordre. Les élèves ont finalement été regroupés dans l’enceinte de l’école, dont le portail a été fermé jusqu’au retour au calme.

Dépêchée sur place, une délégation du ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation a tenté de désamorcer la crise. Pour Abdoul Karim Bangoura, inspecteur général adjoint chargé du secondaire, il s’agit d’un « incident mineur » amplifié par une incompréhension entre les parties.

« Le règlement intérieur interdit certaines coiffures, et l’école est en droit d’exiger son respect. Toutefois, cela doit se faire sans brutalité. En cas de refus, il convient d’impliquer les parents plutôt que d’exclure directement l’élève », a-t-il expliqué, reconnaissant toutefois des « écarts » dans la manière dont la situation a été gérée par le directeur.

Le responsable éducatif a également regretté la judiciarisation de l’affaire, estimant qu’elle aurait dû être réglée dans le cadre scolaire. « Nous disposons de mécanismes disciplinaires adaptés, du niveau de l’école jusqu’au département. Ce type de différend n’a pas vocation à être porté devant les services de sécurité, sauf en cas d’infraction pénale », a-t-il insisté.

Face aux élèves réunis autour du mât de l’établissement, les autorités éducatives et locales ont appelé au calme, tout en rassurant sur l’issue de la situation. Selon elles, le directeur interpellé devrait regagner son poste dès le lendemain.

Cet épisode relance le débat sur l’application des règlements intérieurs dans les établissements scolaires privés, ainsi que sur les limites des interventions extérieures dans la gestion des affaires éducatives.

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