CONAKRY – La Guinée franchit une nouvelle étape dans l’encadrement institutionnel de ses anciens dirigeants. Le Conseil national de la transition (CNT) a adopté une loi organique définissant le statut des anciens présidents de la République et chefs de l’État, ainsi que celui de leurs conjoints, conformément à l’article 74 de la Constitution. Désormais, ces personnalités bénéficieront de privilèges, d’avantages matériels et financiers, ainsi que d’une protection, dans des conditions fixées par la loi. Parmi les potentiels bénéficiaires figure l’ancien président Alpha Condé, qui a dirigé le pays de 2010 à 2021. Au sein du RPG Arc-en-ciel, l’ancien parti au pouvoir, la réaction ne s’est pas fait attendre. Son secrétaire administratif, Lansana Komara, s’est félicité de l’adoption de ce texte, qu’il considère comme la correction d’un vide juridique longtemps décrié. « Je crois que c’est une bonne chose, parce que c’est en Guinée seulement que cela n’existait pas. Si c’est désormais reconnu par la législation guinéenne, mais aussi par la Constitution, je pense que c’est une avancée importante », a-t-il déclaré.Pour le responsable politique, il est normal que les anciens chefs d’État bénéficient d’un statut protecteur après avoir occupé la plus haute fonction du pays. Il y voit une reconnaissance des services rendus à la Nation. « Il ne faut pas les abandonner comme ça quand même. Ce sont des personnes qui ont servi le pays en occupant la plus haute fonction de l’État. Il est normal qu’ils soient pris en charge après la fin de leurs fonctions », a-t-il insisté. Concernant le cas spécifique d’Alpha Condé, Lansana Komara estime que l’essentiel est qu’il figure parmi les bénéficiaires de cette nouvelle loi organique, au même titre que tout ancien président ou chef de l’État concerné par les dispositions constitutionnelles. De son côté, le CNT soutient que l’adoption de ce statut pourrait contribuer à consolider l’alternance démocratique, en rassurant les dirigeants en exercice sur leurs conditions de vie après le pouvoir, et en les incitant ainsi à respecter la limitation des mandats. Un argument que le secrétaire administratif du RPG Arc-en-ciel invite toutefois à nuancer. « L’alternance, d’accord, mais cela dépend », a-t-il commenté, laissant entendre que d’autres facteurs entrent en jeu dans la dynamique démocratique du pays. Avec cette loi organique, la Guinée se dote d’un cadre légal attendu de longue date. Reste à voir comment il sera appliqué et quel impact réel il aura sur la vie politique nationale.
Ledenonciateurmoderne.com




