À New York, le chef de l’État a mis en avant les réformes engagées, la valorisation des ressources nationales et l’ambition de faire de Simandou 2040 un moteur du développement du pays.
À l’occasion de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, le président Mamadi Doumbouya a consacré son intervention à la trajectoire politique, économique et sociale de son pays, tout en défendant une approche du développement fondée sur les réalités propres à chaque nation.
Dans un discours de moins de dix minutes, le chef de l’État a notamment insisté sur les transformations qu’il présente comme engagées en Guinée ces dernières années. Infrastructures, exploitation et transformation des ressources minières, développement du capital humain et programme Simandou 2040 figuraient parmi les principaux sujets abordés.
« Des modèles adaptés aux réalités de chaque nation »
L’un des axes majeurs du discours présidentiel a porté sur la nécessité pour les pays africains de concevoir leurs propres modèles de gouvernance et de développement.
Pour Mamadi Doumbouya, les politiques publiques ne peuvent produire pleinement leurs effets lorsqu’elles sont transposées sans tenir compte des réalités historiques, sociales et culturelles des pays concernés. Il a ainsi appelé à s’inspirer des expériences étrangères tout en les adaptant aux contextes nationaux.
« Lorsque les modèles de gouvernance sont adaptés aux réalités historiques, sociales et culturelles de chaque nation, plutôt qu’importés sans discernement, le développement devient possible », a-t-il déclaré à la tribune de l’ONU.
Cette vision constitue l’un des messages centraux de son intervention : pour le président guinéen, l’Afrique doit pouvoir définir ses propres trajectoires de développement, en s’appuyant sur ses ressources, ses réalités et les aspirations de ses populations.
La Guinée met en avant ses réalisations
Dans son intervention, Mamadi Doumbouya a également dressé un bilan des actions menées en Guinée. Il a notamment évoqué la construction de plus d’un millier de kilomètres de routes goudronnées, les infrastructures sociales, ainsi que les investissements dans les secteurs minier et industriel.
Le chef de l’État a particulièrement insisté sur le projet Simandou, présenté comme un levier majeur de transformation économique. Il a également cité les projets de raffineries d’alumine et la construction d’une importante raffinerie d’or.
À travers ces annonces, le président guinéen a voulu mettre en avant une orientation axée sur la transformation locale des ressources naturelles plutôt que sur leur seule exportation.
Simandou 2040 au cœur de la stratégie économique
Autre élément important du discours : le programme Simandou 2040. Présenté comme une stratégie de développement à long terme, ce programme doit, selon le président, contribuer à transformer en profondeur l’économie guinéenne.
Le projet ne se limite pas au secteur minier. Le chef de l’État l’a associé au développement des infrastructures, de l’agriculture, de l’énergie, de l’éducation et de la santé.
La jeunesse occupe également une place importante dans cette vision. Mamadi Doumbouya a présenté le capital humain comme l’une des principales richesses du pays et a insisté sur la nécessité de renforcer la formation, l’emploi et l’entrepreneuriat, notamment à travers des initiatives comme Simandou Academy.
Une diplomatie fondée sur la souveraineté et la coopération
Le discours présidentiel n’a toutefois pas été présenté comme un plaidoyer pour un isolement de la Guinée. Au contraire, Mamadi Doumbouya a affirmé que son pays entendait rester ouvert à la coopération internationale, mais sur la base du respect mutuel entre États.
Cette position s’inscrit dans une volonté affichée de défendre une coopération que la Guinée souhaite voir davantage fondée sur la souveraineté et la « co-construction gagnant-gagnant ».
Au lendemain de son intervention, le président guinéen a d’ailleurs rencontré le secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Les échanges ont notamment porté sur la gouvernance, le développement, les ressources naturelles et le programme Simandou 2040.
Une Guinée qui veut peser davantage dans le concert des nations
À travers cette intervention à New York, la Guinée a donc cherché à présenter une image de pays engagé dans une transformation institutionnelle et économique, tout en affirmant sa volonté de définir sa propre trajectoire.
Du financement national du cycle électoral aux infrastructures, en passant par la transformation des ressources minières, le développement du capital humain et Simandou 2040, le chef de l’État a placé les résultats revendiqués par son gouvernement et les ambitions à long terme du pays au centre de son message.
À l’Assemblée générale des Nations unies, Mamadi Doumbouya a ainsi défendu une idée centrale : la Guinée entend avancer en s’appuyant sur ses propres choix, ses ressources et ses réalités, tout en maintenant le dialogue avec ses partenaires internationaux.
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