Disparition de Foniké Mengué et Billo Bah : Ousmane Gaoual Diallo renvoie la communication à la justice

CONAKRY – À l’approche du deuxième anniversaire de la disparition des activistes Oumar Sylla, connu sous le nom de Foniké Mengué, et Mamadou Billo Bah, le gouvernement guinéen maintient sa position : il ne lui revient pas de communiquer sur l’évolution du dossier. Interrogé sur cette affaire, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a estimé que seules les autorités judiciaires et les parties impliquées sont habilitées à fournir des informations sur l’enquête en cours.

Le 9 juillet prochain marquera deux ans depuis la disparition des deux responsables du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), dont les proches affirment qu’ils ont été enlevés le 9 juillet 2024 par des hommes cagoulés. Depuis, leurs familles, leurs soutiens et plusieurs organisations de défense des droits humains continuent de réclamer des réponses sur leur sort.

Questionné sur d’éventuelles avancées dans ce dossier sensible, Ousmane Gaoual Diallo a insisté sur la nécessité de respecter la séparation des pouvoirs. Selon lui, il n’appartient ni au gouvernement ni à son porte-parole de commenter une procédure judiciaire en cours.

« Le porte-parole du gouvernement n’a ni la légitimité ni la possibilité de répondre sur un dossier en cours d’instruction », a-t-il déclaré, invitant toute personne souhaitant connaître l’évolution de l’enquête à se tourner vers les juges, les avocats ou les familles concernées.

Le ministre estime que l’exécutif a déjà rempli son rôle en permettant à la justice de se saisir de l’affaire et d’ouvrir une enquête. Pour lui, la communication sur l’avancement des investigations relève exclusivement de la chaîne judiciaire.

Au cours de l’entretien, Ousmane Gaoual Diallo a également rejeté l’idée selon laquelle le gouvernement serait tenu de rendre compte régulièrement des progrès d’une enquête judiciaire. Il a rappelé que de nombreux dossiers criminels ou délictuels sont traités chaque année sans que les ministres soient systématiquement sollicités pour en commenter l’évolution.

Pour illustrer son propos, il a évoqué des exemples de procédures en cours dans d’autres pays, notamment en France, où les enquêtes et affaires judiciaires sont généralement suivies par les juridictions compétentes plutôt que par les membres du gouvernement.

Interrogé sur le devoir de l’État de protéger les citoyens et de rassurer l’opinion publique face à la disparition de personnalités connues, le porte-parole a reconnu cette responsabilité. Toutefois, il a souligné que cette mission passe avant tout par l’ouverture d’enquêtes destinées à établir les faits et les responsabilités.

« Il est du devoir de l’État d’ordonner, par l’intermédiaire de la justice, l’ouverture d’enquêtes afin d’établir les responsabilités », a-t-il affirmé, tout en réitérant que les ministres n’ont pas vocation à commenter quotidiennement les dossiers judiciaires.

Le porte-parole du gouvernement a enfin appelé les médias à distinguer clairement les rôles de l’exécutif et du pouvoir judiciaire. Selon lui, les avocats des familles disposent également de la possibilité d’informer l’opinion publique sur l’évolution du dossier à travers des prises de parole ou des conférences de presse.

Alors que la date du 9 juillet approche, la disparition de Foniké Mengué et de Billo Bah demeure l’une des affaires les plus suivies en Guinée. Malgré l’ouverture d’une enquête judiciaire, les interrogations persistent et les familles continuent d’attendre des réponses sur le sort des deux activistes.

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