Le gouvernement guinéen poursuit son opération d’assainissement de l’administration publique. À travers le ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, 6 678 agents de l’État ont été radiés des effectifs de la Fonction publique pour des motifs tels que l’abandon de poste, des absences prolongées et injustifiées ou encore des décès non déclarés.

Une décision qui suscite des réactions, notamment du côté des organisations syndicales.
Interrogé sur cette mesure, le président du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), Aboubacar Soumah, estime que cette opération est justifiée si elle vise réellement à éliminer les agents fictifs.« Si, comme les autorités l’ont déclaré, il s’agit effectivement d’agents fictifs, alors cette décision ne peut être que salutaire », affirme le responsable syndical. En revanche, il met en garde contre d’éventuelles erreurs. « Si ce ne sont pas des agents fictifs, les accusations portées contre certaines personnes sont très graves. Dans ce cas, nous réagirons », prévient-il.
Dans le secteur de l’éducation, le SLECG indique suivre de près la situation des enseignants dont les salaires sont bloqués depuis les exercices 2023-2024. Selon Aboubacar Soumah, une liste des enseignants concernés a déjà été transmise au ministère en charge de la Fonction publique et une commission procède actuellement à l’examen individuel des dossiers.
Le syndicaliste précise que si des enseignants régulièrement en poste figurent parmi les personnes radiées, son organisation n’hésitera pas à intervenir pour défendre leurs droits. En attendant les conclusions de cette commission, il préfère réserver sa position sur les cas particuliers.
Aboubacar Soumah rappelle toutefois que son organisation a toujours plaidé pour un nettoyage du fichier de la Fonction publique. Selon lui, les revendications salariales des travailleurs étaient souvent rejetées au motif d’une masse salariale jugée trop importante, alors que celle-ci était, selon les syndicats, alourdie par la présence d’agents fictifs.
Il salue également les résultats obtenus grâce au système FUGAS, qui, selon lui, a déjà permis de récupérer plusieurs milliards de francs guinéens. Des ressources qui pourraient, à terme, servir à améliorer les conditions salariales des fonctionnaires effectivement en activité.
Pour le président du SLECG, il est également normal que les agents ayant véritablement abandonné leur poste cessent d’être rémunérés. « On paie le travail effectué. Si quelqu’un ne travaille plus, on ne peut ni continuer à le payer ni le maintenir dans les effectifs », souligne-t-il.
Il estime que cette opération permettra aussi de libérer des postes pour favoriser le recrutement de nouveaux enseignants et d’autres agents qualifiés, répondant ainsi aux besoins de l’administration.
Concernant le nombre exact d’enseignants dont les salaires restent suspendus, Aboubacar Soumah indique qu’il est encore trop tôt pour avancer un chiffre définitif. La commission poursuit ses travaux et plusieurs dossiers sont toujours en cours de traitement afin de permettre la réintégration des agents régulièrement recensés.
En attendant les résultats définitifs de cette opération, le SLECG réaffirme son soutien au processus d’assainissement de la Fonction publique, tout en insistant sur la nécessité de garantir la transparence et d’éviter toute radiation injustifiée d’agents régulièrement en service.
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